Côte d’Ivoire : 11 arrestations en lien avec les violences de Yopougon
Le ministre ivoirien de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé, a annoncé l’arrestation de 11 personnes en lien avec les violences qui ont eu lieu dans la commune de Yopougon, dans la nuit du 1er au 2 aout. L’un des « exécutants » arrêté affirme avoir agi « pour le compte du PPA-CI ».
Le général Vagondo Diomandé, le ministre ivoirien de la sécurité, est formel : « l’objectif de leurs auteurs est de créer la psychose au sein des populations, quelques mois avant les élections présidentielles ». Invité au Journal du soir de la télévision nationale, dimanche 3 aout, il est revenu sur les violences survenues dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 aout, dans la commune de Yopougon.
Cette nuit-là, des individus armés de pierres, de bois et d’objets contondants ont mis le feu à un autobus et caillassé un véhicule de police dans un quartier de cette commune populaire d’Abidjan. Très vite, les images relayées par les réseaux sociaux ont créé un sentiment de panique et d’inquiétude au sein des populations.
« Enlevés par des hommes encagoulés »
« Informées de ce qui se préparait dans notre pays depuis les annonces de certains partis politique, les forces de police et de gendarmerie, bénéficiant de renseignements crédibles et concordants, étaient prêtes et ont réagi promptement, ce qui a permis d’appréhender 11 individus à ce jour », explique le ministre. Parmi les personnes appréhendées figurent des militants et cadres du PPA-CI, le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.
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Quelques heures avant cette intervention du ministre, le président exécutif de ce parti avait fait une conférence de presse pour dénoncer « l’enlèvement » de certains de ses militants, au lendemain des violences. « Ces cadres-là, ils sont allés les chercher dans leurs maisons. Ils ont envoyé des hommes encagoulés pour les prendre dans les familles. Donc c’est une situation totalement opaque et insoutenable qu’ils font ces opérations-là. », assure Sébastien Dano Djédjé.
Réfutant tout lien avec cette affaire, « le PPA-CI dénonce avec la plus grande fermeté ces pratiques anticonstitutionnelles, héritées du passé sombre de notre pays. Elles confirment que le régime RHDP persiste dans ses méthodes d’intimidation et de répression politique ».
Nous avons agi « pour le compte du PPA-CI »
Mais dans son intervention télévisée, le ministre de la sécurité a soutenu qu’« aucune interpellation ne se fait de façon arbitraire ». En vue « d’enlever tout doute dans l’esprit des concitoyens et des partenaires de la Côte d’Ivoire », une vidéo a été diffusée à la suite de l’intervention du ministre de la sécurité à la télévision nationale. C’est une vidéo, soutient-il, « qui contient les aveux recueillis par nos services en toute légalité d’un des exécutants des violences de la nuit du vendredi 1er au samedi 2 aout 2025 ».
On y voit un individu qui dit s’appeler Kouamé Oi Kouamé Josué, 37 ans (le 23 octobre), se présentant comme un membre de la sécurité du PPA-CI, déclarer être l’un des « coordonnateurs » de ces violences exécutées par « une quinzaine de personnes au maximum ». Il a relaté les faits, a cité certains de ses complices et a déclaré qu’ils ont « créé la psychose dans la commune d’Abidjan, pour le compte du PPA-CI ».
Le général Vagondo a assuré que « toutes les personnes mise en cause seront remises dans les mains de la justice comme cela s’est toujours fait depuis 2011, et conformément aux pratiques dans tout État de droit. »