Côte d’Ivoire : le gouvernement ivoirien « désolé » pour le décès d’Alino Faso
Le porte-parole du gouvernement ivoirien a réagi au décès en détention à Abidjan d’Alain Christophe Traoré. Il a dit « regretter » ce décès, assurant que le ministère ivoirien des Affaires étrangères saisira les autorités diplomatiques burkinabè pour la suite de cette affaire.
« Nous sommes désolés pour ce décès, mais je veux dire que tout a été fait dans les normes », a réagi, mercredi 30 juillet Amadou Coulibaly, le porte-parole du gouvernement ivoirien, au cours de son point de presse d’après conseil des ministres.
Alain Traoré, alias Alino Faso est décédé jeudi 24 juillet à l’école de gendarmerie à Abidjan où il était en détention. Selon le communiqué du procureur de la République publié dimanche 27 juillet, le médecin légiste de la gendarmerie nationale qu’il a requis a conclu qu’Alino Faso « s’est pendu à l’aide de son drap de lit, après avoir tenté sans succès de s’ouvrir les veines du poignet ».
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« Je voudrais regretter ce décès. C’est une personne humaine, et vous pouvez comprendre que nous soyons sensibles à l’affliction qui peut toucher ses parents et ses proches. », a dit le ministre ivoirien.
Mais dans un communiqué publié lundi 28 juillet, le gouvernement burkinabè a « rejeté avec force et vigueur la thèse du suicide », et « condamné fermement cette disparition assimilable à un assassinat crapuleux ». Alors que le Burkina remet en cause la version de la justice ivoirienne sur les circonstances de ce décès, le porte-parole du gouvernement ivoirien dit s’en tenir au communiqué du procureur de la république. « Ce communiqué est assez clair. Nous sommes un pays sérieux et le procureur reste une personne assermentée et son communiqué est très clair sur les circonstances. Nous ne voyons pas donc pourquoi demander plus de transparence que cela », a-t-il insisté.
Manifestation à Ouagadougou
Les autorités du Faso ont notamment mis en cause le lieu de détention de leur compatriote arrêté le 10 janvier et poursuivi pour des « faits d’intelligence avec des agents d’un État étranger de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de la Côte d’Ivoire ou à ses intérêts économiques essentiels ».
Le ministre Amadou Coulibay assure pour sa part que « M. Traoré n’est pas la première personne qui aura séjourné à l’école de gendarmerie où pour diverses raisons, nous emmenons parfois certaines personnes. Cela permet essentiellement d’assurer leur sécurité ».
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« Nous avons des relations diplomatiques, très certainement, le ministère des Affaires étrangères va saisir les autorités diplomatiques pour la suite de cette affaire », a aussi confié le porte-parole du gouvernement ivoirien.
La réaction d’Amadou Coulibaly intervient alors que des centaines de Burkinabè ont manifesté devant l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou. Ils réclament une autopsie indépendante sur les causes de la mort de l’influenceur et une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur les circonstances du drame.